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Saint Justin et l'A65 : ASF VINCI Agen quand l'autoroute tue

ASF. Les syndicats fustigent la dégradation des conditions de travail après trois tentatives de suicide au sein de la direction d'exploitation d'Agen. Des mesures ont été prises

 

Depuis leur rachat en 2006 par le groupe Vinci, les ASF soumettent leurs employés à un rythme auquel ils n'étaient pas préparés. (photo archives « Sud Ouest »)
Photo sud Ouest

Elles sont trois. Dans des circonstances moins favorables, on dirait « elles étaient ». La vie les a rattrapées alors qu'elles voulaient la fuir. En un trimestre, trois employées des Autoroutes du sud de la France ont tenté de se suicider. Une receveuse au péage de Mazières, une régulatrice au tunnel de Puymorens et, enfin, une secrétaire administrative à Agen.

Trois sites rattachés à la Direction régionale d'exploitation Aquitaine Midi-Pyrénées d'Agen.

« Travailler dans ces conditions est au-dessus de mes forces », a rédigé l'une d'elles sur un billet abandonné à proximité de son poste de travail, où ses collègues l'ont découverte inanimée fin février. Les deux autres ont cherché à en finir à leur domicile, en fin d'année dernière. Des tentatives là aussi justifiées par leur vie professionnelle, que les trois femmes n'ont pas réintégrée. Il n'en fallait pas davantage pour conforter les syndicats dans leur analyse : depuis leur rachat en 2006 par le groupe Vinci à l'État, les ASF ont adopté un rythme auquel leurs salariés n'étaient pas entraînés.

Réorganisation des services

« Entre la société qu'on nous a vendue, où l'individu devait être au coeur du dispositif, et la course à la productivité à laquelle nous sommes effectivement soumis, il y a un décalage », regrette un représentant de Force ouvrière. Depuis la privatisation, 700 emplois ont été supprimés et, selon la CGT, l'automatisation des péages en menacerait plus du double.

« Les collègues ont peur de se retrouver à la rue. La direction veut faire des économies sur la masse salariale en réorganisant tous les services. Ce qui veut dire moins de personnel pour accomplir les mêmes missions et le non-remplacement des départs en retraite. »

Pour le délégué central de la CGT aux ASF, cette réorganisation « est anxiogène ». Christian Mimault stigmatise ici les nouvelles tâches confiées aux péagistes chargés désormais d'assister les usagers en rade sur les voies automatiques. « Toute la journée, les collègues font face à l'irritation des automobilistes, ce qui développe en eux du stress », explique le syndicaliste, qui n'hésite pas à faire le parallèle avec France Télécom.

Les syndicats dénoncent aussi les nouveaux emplois du temps découlant de cette restructuration des services, « des plannings atypiques et biscornus » pour des salaires à peine au-dessus du niveau de l'amer. « La direction a aussi indiqué qu'elle ne voulait plus payer des gens pour patrouiller sur le réseau. » Conséquence de cette politique d'économies, il y a de moins en moins d'anges gardiens à venir épauler l'usager en cas d'avarie. « L'autoroute est devenue un vaste portefeuille dans lequel l'automobiliste vient dépenser son argent », décrit un agent agenais.

Un psychologue recruté

Pour répondre au malaise de ses collaborateurs, la direction a pris des mesures significatives. D'abord en signant avec les organisations syndicales (FO, Unsa, CFE-CGC, CFDT et CGT) un document pour la prévention des risques psychosociaux. « Nous avons aussi recruté un psychologue, mais il convient, dans ces situations douloureuses, de distinguer les problèmes professionnels et personnels. Quoi qu'il en soit, nous avons organisé, suite à ces trois tentatives, des comités d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) extraordinaires et mis en place des cellules de soutien psychologique pour ces personnes, leurs équipes et leurs familles », complète et nuance Olivier Capgras, chargé de la communication pour la zone.

Enfin, dernier volet d'un plan qui ne convainc pas complètement la base, chaque salarié a reçu un questionnaire où il est invité à donner son sentiment sur ses conditions de travail. « Nous sommes dans une phase de diagnostic, et un plan d'actions sera déployé avec de la formation et de l'accompagnement. » De quoi, certainement, dégager des axes de réflexion pour une prochaine réorganisation.

Extrait du sud Ouest du Jeudi 11 mars 2010 Auteur : christophe massenot
c.massenot@sudouest.com

 

ASF VINCI quand l'autoroute tue

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Travailler plus pour mourir plus

depuis le rachat en 2006 d'ASF par le groupe Vinci à l'État, les ASF ont adopté un rythme auquel leurs salariés n'étaient pas entraînésNotre modèle social est au bout du rouleau. Après le suicide du système financier, celui de l'immobilier, après la démission des entreprises françaises au profit de la délocalisation, le diagnostic est simple l'emploi est malade.

Le virus argent et or qui a contaminé notre monde capitaliste tue de plus en plus, bien plus dangereux que les virus fabriqués par l'industrie ceux ci sont produits par des conseils d'administrations.

Souvenez vous de notre étonnement de nos interrogations : un suicide chez Renault champion du monde de F1, mais aussi tricheur dans la même discipline.

Depuis lors c'est tous les jours qu'un policier, un salarié se suicide. Il me semble très facile de dire que des problèmes personnels pourraient être la cause de ses suicides.

En effet c'est plutôt l'inverse le harcèlement au travail est une machine à broyer les emplois mais elle détruit plutôt des personnes. Ceux rentre chez eux déprimés et font vivre à leur entourage un calvaire sous la forme de SOS. Quand le couple finit par se déchirer le suicide n'est plus très loin car le seul soutien face au monde impitoyable du travail disparaît. Alors la vie n'a plus aucun sens, mais ne nous trompont pas de coupable. Les victimes sont conjoint et enfants.

Il s'agit bien de travailler jusqu'a en mourir, est ce qu'on appelle pas cela l'esclavage ?

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